Actualités du secrétariat du master 2018-2019

 

 

 

L’essentiel des actualités du secrétariat pédagogique (absences, emplois du temps, dates des examens, etc) sont disponibles pour les étudiants sur la plate-forme numérique Moodle

https://moodle.univ-paris8.fr/moodle/

Celui-ci est dorénavant opérationnel pour cette nouvelle année. Il revient aux étudiants de s’y inscrire.

 

PS N’oubliez pas de consulter régulièrement Moodle "secrétariat pédagogique" et de consulter aussi le forum des nouvelles dans la mesure où plusieurs messages de ce forum vous ont été envoyés sans que vous ne les ayez reçus (et n’oubliez pas non plus de vérifier dans vos spams...)

 

Ouverture de la campagne d’admission candidatures 2019-2020

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Séminaire Mobilités en Méditerranée

 

Master Méditerranée Maghreb Europe

Département Relations euro-méditerranéennes

UFR EriTES Université Paris 8 Vincennes Saint-Denis 

 

Séminaire ouvert

Migrations en Méditerranée

Fluidités et barrières. Des langages pluriels

Coordonné par Pascale Froment

 

Les dix séances du séminaire se tiendront le jeudi, de 12h à 15h, en salle D008 (Bât D), à l’exception de la première séance qui aura lieu en salle D003.

 

Programme au 09/01/2019 : -

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« Bienvenue en France » ? Etudes méditerranéennes en danger.

« Bienvenue en France » ? Etudes méditerranéennes en danger

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En moins de 48 heures, l’annonce du gouvernement d’augmenter les frais d’inscription des étudiants étrangers a été affichée sur tout le réseau Campus France. Une diligence rare, souvent constatée lorsqu’il s’agit de sélectionner et d’exclure, socialement et géographiquement…

Différentes voix se sont exprimées à ce sujet, hélas difficilement audibles dans un contexte politique et médiatique fort brouillé ; il n’en reste pas moins que la question soulevée par la décision d’un barrage financier à la liberté d’étudier dans les universités françaises ne peut être éludée, il en va d’un choix de société à long terme.

L’université Paris 8 Vincennes-Saint Denis, située dans le 93, accueille actuellement près de 30% d’étudiants étrangers, soit deux fois plus que la moyenne des universités françaises (14%). Cette attractivité de Paris 8 n’est pas sans rapport avec les choix assumés d’être une Université-Monde, même si d’autres logiques interviennent qui ont aussi à voir avec son « territoire » d’insertion dans l’un des départements français les plus fragiles et stigmatisés.

Cette attractivité est clairement menacée par la hausse des frais d’inscription compte tenu du profil de nos étudiants, avec à la clef un effacement probable du champ de recherche et de formation dédié à la Méditerranée.

Depuis vingt cinq ans, l’actuel master Méditerranée - Maghreb – Europe peut s’enorgueillir d’avoir défendu – contre vents et marées – un espace d’enseignement et de recherche axé sur la Méditerranée, occidentale au départ puis élargie à l’ensemble du bassin. Une Méditerranée appréhendée non pas dans l’opposition de deux rives mais bien comme un espace de circulations, de mobilités, d’échanges, de transformations, un espace pluriel, commun pour ne pas dire partagé. Contre tout enfermement dans des catégories et assignations civilisationnelles, le pari d’une approche transdisciplinaire a favorisé le désenclavement/décloisonnement de la pensée, indispensable à nos yeux pour l’intelligibilité de cet espace et la rencontre d’étudiants issus d’horizons géographiques, linguistiques, disciplinaires multiples.

Venus de France, d’Espagne, d’Italie, de Grèce, mais aussi de Turquie et de Mauritanie en passant par le Liban et Israël – et bien sûr des pays du Maghreb -, les étudiants de ce master ont été formés scientifiquement sur la base d’un métissage intellectuel, culturel et social ouvrant à une compréhension partagée de la richesse et de la complexité de l’espace méditerranéen.

La connaissance fine des nombreux enjeux que cristallise la Méditerranée dans ses géométries variables ne peut se concevoir sans la participation des étudiants des rives Sud et Est. Les deux tiers des inscrits dans ce master proviennent des pays du Maghreb et en moindre part de la Méditerranée orientale, un tiers de l’Europe méridionale dont la France.

Nous connaissons bien ces étudiants qui sont les nôtres, leur situation universitaire, certes, mais aussi leurs conditions de vie, leurs « galères », tant en amont de leur arrivée (la course d’obstacles et les exigences croissantes pour espérer obtenir un visa) qu’au quotidien de leur vie d’étudiant, sur les plans économique (travailler pour financer les études), social (des conditions d’hébergement difficiles), de la santé ou encore familial. Pour l’écrasante majorité, ils ne pourront passer le cap des frais d’inscription. Ce sont assurément des milliers de jeunes interdits d’études. Et c’est aussi, pour la France, se priver de la construction de savoirs croisés, indispensables sur cet espace et à partir de cet espace.

Au-delà de notre master mais aussi de Paris 8, le risque d’une désertification progressive du champ des études méditerranéennes et d’une méconnaissance pour la société française de cet espace, des tensions et contradictions mais aussi des richesses et des potentiels qui le traversent, avec tous les dangers que cela représente. Une menace régulièrement rappelée par nombre d’universitaires comme en témoignait déjà Misère de l’historiographie du Maghreb post-colonial (1962-2012) de l’historien Pierre Vermeren, paru en 2012.

Ce cynique « Bienvenue en France » - sic - combine alors tristement une vision à courte vue, très libérale en son essence pour l’un de ses versants et un message pour le moins inquiétant de fermeture à l’égard d’une partie de cette Méditerranée à laquelle nous appartenons. Visions qui se rapprochent dangereusement de celles des Orban ou Salvini par une volonté, si peu voilée, de tarir le flux d’étudiants en provenance de cette région, au même titre que tous les autres flux migratoires transitant par la Méditerranée.

Ce sera, nous l’espérons, tout à l’honneur de Paris 8 que d’affirmer une résistance à cet « air du temps » - qui s’installe dans la durée - en maintenant une politique d’ouverture aux étudiants de Méditerranée et d’Afrique, gage d’une connaissance désoccidentalisée et mieux partagée des « fluidités » méditerranéennes.

Des enseignants du Master Méditerranée-Maghreb-Europe, le 4 décembre 2018

 

 

Misère de l’historiographie du Maghreb post-colonial (1962-2012) de l’historien Pierre Vermeren, paru en 2012 aux Publications de la Sorbonne ; le Livre Blanc des études françaises sur le Moyen-Orient et les mondes musulmans rédigé en 2014 par Catherine Mayeur-Jaouen, professeur d’Histoire à l’Inalco (Institut des langues et civilisations orientales) ou encore https://www.lemonde.fr/afrique/article/2015/09/18/comment-la-france-a-delaisse-les-etudes-sur-le-maghreb_4762870_3212.html

Les présidents d’université demandent la suspension de la hausse des frais pour les étudiants étrangers

Article France Info du 11 décembre 2018

 

La France a besoin des étudiants internationaux qui contribuent à son développement et à son rayonnement dans le monde." Dans un communiqué publié lundi 10 décembre, la conférence des présidents d’université (CPU) demande au gouvernement de suspendre la hausse prévue des frais d’inscription pour les étudiants extra-communautaires.

Le gouvernement a annoncé en novembre qu’il allait augmenter les frais de scolarité dans les universités pour les jeunes extra-Européens, tout en affirmant vouloir attirer davantage d’étudiants internationaux en améliorant la politique des visas et en offrant davantage de bourses. Depuis la semaine dernière, quelques universités (Tolbiac, Nanterre, Rennes-2...) ont lancé un mouvement de contestation de cette annonce, en profitant de la vague de revendications des "gilets jaunes".

"Risque important d’exclure des étudiants et des doctorants"

Pour les présidents d’université, le plan du gouvernement "propose des mesures positives et attendues""Mais l’augmentation générale des droits d’inscription annoncée ne constitue pas une réponse adaptée, car elle porte en elle le risque important d’exclure des étudiants et des doctorants que nous accueillons aujourd’hui", ajoute-t-elle. Regrettant une absence de concertation, son conseil d’administration "demande que l’entrée en vigueur des dispositions en cause soit suspendue".

Dans une lettre adressée lundi aux présidents d’université et aux directeurs des écoles de l’enseignement supérieur, la ministre Frédérique Vidal s’est voulu rassurante. Les étudiants internationaux qui "résident depuis plusieurs années en France (...) acquitteront les mêmes frais d’inscription que les étudiants européens", écrit-elle notamment. De même, les étudiants qui ont déjà commencé leurs études en France "ne sont en aucun cas concernés par ces frais différenciés", assure-t-elle. 

Séminaire « Islam politique »année 2018-2019

UNIVERSITE PARIS 8

Master Méditerranée, Maghreb, Europe

Séminaire « Islam politique »

coorodnné par Didier Le Saout

Les mardis de 15h00 à 18h00 Bâtiment D – D003

(Inscription pour les étudiant.e.s venant d’autres formations : dlesaout@univ-paris8.fr) ou auprès du secrétariat du Master - D 203 - secime@univ-paris8.fr)

 

Première séance le mardi 15 janvier 2019

 

Programme provisoire : 

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Conférences des métiers Première séance le 6 février 2019

Des professionnels viennent à la rencontre des étudiants

 

Salle D003 de 13 heures à 17 heures

 

Ce deuxième semestre, des spécialistes au niveau local et international, issus d’horizons professionnels très variés - coopération internationale, start-up, action sociale sur le territoire, production culturelle - viennent vous exposer leurs expériences de terrain afin de vous ouvrir, le plus possible, aux réalités du marché du travail. Quatre journées complémentaires vous sont proposées.

1- Journée Entreprenariat (mercredi 6 février 2019)

Un-e repréentant-e de Plaine Comlunes en charge des relations avec les entrepirses

Un représentant de l’APEC (sous réserve)

Abdoulaye SIDIBE  est un chef d’entreprise franco-malien fondateur et directeur de La Roue Bleue, structure de Conseil et de Formation spécialisée dans l’entrepreneuriat.

Mohamed BEN OURIANE (Londre) Ingénieur commercial, Chef d’entreprise, il est

spécialiste de l’Import/export (France, Angleterre, Maroc, Tunisie, Algérie)

 

2- journée : Coopération territorialisée et coopération internationales (mercredi 13 mars 2019)

Dès la liste des intervenants stabilisée elle sera publiée

 

3- journée : Les métiers dans les collectivités territoriales et la diversité des métiers de la recherche (mercredi 3 avril 2019)

Dès la liste des intervenants stabilisée elle sera publiée

4- journée : Les métiers de la culture, des médias et du journalisme(mercredi 17 avril 2019)

 Dès la liste des intervenants stabilisée elle sera publiée

Barbara CASSIN : Etudiants étrangers : « “Bienvenue en France” », un dispositif au nom de contre-vérité, ne doit pas être mis en œuvre »

Tribune parue sur Lemonde.fr - 16 mars 2019

 

Etudiants étrangers : « “Bienvenue en France” », un dispositif au nom de contre-vérité, ne doit pas être mis en œuvre »

Tribune

Barbara Cassin

philologue et philosophe, membre de l’Académie française

L’augmentation des droits d’inscription pour les étudiants étrangers hors Communauté européenne piétine nos valeurs et menace la francophonie, estime l’académicienne Barbara Cassin.

Publié le 16 mars 2019 à 07h00 - Mis à jour le 16 mars 2019 à 07h00 Temps de Lecture 4 min.

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Tribune. En France, on se soigne et on apprend gratuitement (ou presque) et très bien (ou presque), en tout cas plutôt mieux qu’ailleurs. Voilà de quoi les Gaulois sont heureux et fiers, qu’ils aient un gilet jaune, un col blanc, ou un stylo rouge. Notre identité, nos valeurs sont là, partagées, concrètes.

Je veux ici, très solennellement protester. Je veux faire entendre notre voix à nous, responsables et praticiens de l’enseignement, de la recherche, de l’éducation, de la culture. Pour dire que « Bienvenue en France », un dispositif au nom de contre-vérité, une infox qui ose se présenter comme un plan gouvernemental d’attractivité des étudiants internationaux, ne doit pas être mis en œuvre. Ni eu égard à ce que nous sommes, ni eu égard à la sacro-sainte économie.

La clé de ce dispositif, que l’on veut contraindre les présidents d’université à appliquer, consiste à faire payer très cher – 16 fois plus cette année qu’en 2018 – les droits d’inscription de certains étudiants. Pour ceux qui viennent de pays hors Communauté européenne, ces droits passent de 170 à 2 770 euros pour la licence, et de 243 à 3 770 euros pour le master.

Des fonctionnaires aux ordres

Résultat, pour ne parler que francophonie : sur le même banc, on trouvera un Belge, un Suisse, un Canadien (il y a des accords qui en font des « Européens »), soit des «  riches » qui paieront comme nos enfants. Et on trouvera – ou plutôt on ne trouvera plus ! – un Sénégalais, un Algérien, un Haïtien, qui devraient mais ne pourront pas payer les droits qui leur sont réclamés. Le fils remarquable d’un de mes collègues de Dakar a eu bien tort de choisir la France. Il a déjà perdu un an (refus de visa à cause de l’engorgement du consulat), et va perdre maintenant une autre année de cursus avant de choisir le Canada ou la Chine. Sélectionner par l’argent a rarement été une bonne idée. Sauf pour le paiement de l’impôt.

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Les exclus sont ciblés : francophones d’Afrique, du Maghreb, intellectuellement formés mais sans fortune. Avec un discours redoutable qu’on ne peut pas ne pas lire en filigrane : pourquoi nos impôts à nous financeraient-ils les études de Noirs et d’Arabes ?

Outre les valeurs ainsi piétinées, les présidents de nos universités soi-disant autonomes traités comme des fonctionnaires aux ordres et demain, si cela continue, les étudiants dans la rue avec leurs professeurs, dont je serai, l’idée même de « Bienvenue en France » va contre toute politique intelligente et économiquement efficace à moyen comme à long terme.

Les exclus sont ciblés : francophones d’Afrique, du Maghreb, intellectuellement formés mais sans fortune

C’est par la langue et la culture que ce qu’on ose encore appeler nos valeurs se transmettent. Or, c’est en Afrique francophone que se trouve aujourd’hui la jeunesse qui mondialise la France, sa culture et sa langue. Soyons réalistes et parlons gros sous : la Chine, l’Inde, la Russie recolonisent économiquement le Maghreb et l’Afrique. Avec ce type de mesure absurde, c’est un boulevard que nous offrons à leur influence. La seule résistance que nous pouvons leur opposer est culturelle, mais elle est considérable. Veiller à la relation avec la francophonie où qu’elle soit, voilà une vraie politique économique.

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Bien sûr qu’il faut développer les partenariats avec les universités africaines et proposer des cours dématérialisés, accessibles en ligne. Bien sûr qu’il faut trouver des ressources pour faire mieux vivre nos universités françaises. Mais mauvaise pioche : avec « Bienvenue en France », on n’aura rien, sauf la mort de la francophonie. Et l’anglais, au lieu du français, comme langue de partage.

Un sous-Princeton

Car croit-on vraiment que les « bons », et riches, étudiants chinois et indiens vont venir s’inscrire dans un sous-Princeton ? En Chine, quand j’y enseigne, mes interlocuteurs me demandent de parler d’Homère et d’Aristote, de la grande littérature et de la grande philosophie classiques. Leur attente est celle d’un « troisième pied » culturel : avec leurs propres langue et traditions, millénaires ; le monde anglo-saxon, incontournable ; mais aussi les humanités de la vieille Europe ! Le socle culturel qui permet de comprendre Zola, Marx, ou Lacan. Avec, en France et en français, les cafés, les théâtres, les monuments, les expositions, les cinémas, les rues des villes et les robes des femmes. Comme pour nos étudiants, comme pour nous tous.

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La folie politique de « Bienvenue en France » est que cette mesure va à l’encontre de la politique même de l’actuel gouvernement ! Emmanuel Macron annonce « Afrique 2020 », une « année des cultures africaines ». Il a eu l’intelligence de faire devant l’Académie française, il y a juste un an, un discours sur la francophonie décentrée, celle de « plus d’une langue ». Il a l’audace de proposer l’ouverture, en 2022, d’une « Cité internationale de la langue française » à Villers-Cotterêts (Aisne). Soit au sein de l’un des territoires les plus défavorisés, avec 17 % d’illettrisme, sur les terres pourtant d’Alexandre Dumas et de La Fontaine, là où François Ier a signé l’ordonnance qui consacrait le français au lieu du latin comme langue administrative, pour que, enfin, même un paysan puisse comprendre comment on le jugeait. Il soutient la réalisation d’un futur « dictionnaire des francophones ». Il favorise l’ouverture de notre pratique muséale pour restituer avec précaution, au cas par cas, certains objets essentiels à la nation qui les a fabriqués.

Lire aussi Université : « Jouer la gratuité contre un retour au pays plutôt qu’augmenter les inscriptions »

Jamais octroyer des bourses aux pauvres ne compensera la norme de l’égalité devant l’enseignement. Jamais la pratique aléatoire d’une exception ne vaudra la règle saine. « Liberté, Egalité, Fraternité », inutile d’aller chercher ailleurs la définition du « progressisme ». Soyons donc économiquement intelligents et politiquement cohérents. Et soyons généreux : la générosité est un produit de luxe, or, le luxe tire notre économie en avant. La qualité de vie, la langue, la culture, le partage du beau et du jugement, pas de meilleur argument pour « Choose France » comme on dit chez nous…

Bienvenue en France ? J’ai honte.

Barbara Cassin a notamment publié Quand dire, c’est vraiment faire. Homère, Gorgias et le peuple arc-en-ciel (Fayard, 2018).

Barbara Cassin (philologue et philosophe, membre de l’Académie française)

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