M1-M2 Géographie politique de la contestation (EC obligatoire au sein de la spécialisation Géographie)

Enseignants en charge du cours : Habib AYEB

 

Chères toutes et tous.
Nous avons le plaisir de vous informer que notre séminaire annuel (Master, Doctorat et Recherche - Ouvert au public) reprend pour la 4ème année.
Vous trouverez ci-dessous et en fichiers attachers concernant le thème général du séminaire et les informations concernant notre première séance (ouverte) qui aura lieu ce mercredi 25 Octobre 2017 à l’université Paris 8 à Saint-Denis (Tarminus, métro Saint-Denis Université - Ligne 13). Sauf indications contraires, toutes les séances auront lieu (un mercredi sur deux) de 15h à 18h. Bâtiment D, salle D008.
 
 

Université Paris 8 à Saint-Denis – UFR EriTES

 

Séminaire 2017-2018

 

Marges, Marginalités et Marginalisations en Afrique du Nord et au Moyen Orient

 
Séance du 25 Octobre 2017.
 
Une Communication Orale + Un film Documentaire
Vous êtes cordialement invité.e.s
Soray El Kahlaoui : 
 
Communication : Quand la contestation vient des marges : le cas du Maroc

 

 
Résumé : En 2011, à l’instar des autres pays de la région arabe, le Maroc a connu une vague de soulèvements populaires réclamant plus de justice sociale et de liberté. Majoritairement constitué autour « du mouvement du 20 février », des milliers de marocains ont ainsi pris la rue pour exiger une démocratisation du pays. Contrairement aux autres Etats de la région, le régime marocain a réagi rapidement. Le 09 mars 2011, le Roi annonçait un changement constitutionnel allant dans le sens d’une démocratisation des institutions politique du pays. Suite à cette réforme, le Maroc a connu, pour la première fois de son histoire, des élections législatives « libres », qui ont mis au pouvoir le principal parti d’opposition : le PJD.

 

 

Ainsi, si tous les experts s’accordaient jusqu’ici à ériger le Maroc en modèle de stabilité et de transition démocratique dans la région, il reste que l’année 2017, avec l’avènement du Hirak - mouvement social du Rif - est venu mettre mal bon nombre des principales analyses des politologues sur la question. En effet, depuis octobre 2016, suite à la mort de Mohcine Fikri, jeune vendeur de poisson broyé dans une benne à ordure alors qu’il tentait de récupérer sa marchandise confisquée par les autorités, le Rif – région au nord du Maroc – est secoué par un mouvement social sans précédent. Depuis un an maintenant, des milliers de marocains prennent régulièrement la rue pour plus de justice sociale et de développement économique. Face à l’ampleur de ce mouvement, les autorités marocaines ont réagi par une forte répression, emprisonnant 360 activistes du Hirak.Aujourd’hui, malgré la répression, le Hirak se maintient et semble avoir soulevé une vague de contestation dans de nombreuses localités marginalisées du Maroc, où les habitants prennent la rue pour dénoncer la marginalisation économique dont ils sont victimes.

 

Dans ce contexte, notre intervention viendra questionner, à partir du Hirak, les formes de contestations qui naissent dans les espaces marginalisés, en apportant un éclairage contextuel sur le mouvement des marges au Maroc, qui bien que silencieux, secouait déjà le pays depuis 2012.

 
Le Film : 
 
MAROCAINS SANS TERRES

Réalisé par Soraya EL KAHLAOUI

 

 

Synopsis

 

En plein mois de février 2014, les forces de l’ordre ont procédé à la destruction forcée des logements des habitants de Douar Ouled Dlim situés en plein d’un cœur d’un quartier huppé de Rabat. Refusant de quitter leur terre, les habitants ont vécu dans des campements de fortunes, faits de bâches en plastiques et maintenus par quelques morceaux de bois amassés ici ou là. Multipliant rassemblement et recours administratifs, pendant 10 mois ils ont tenté de faire advenir leur droit à un relogement.

 

Il faut dire que les habitants du douar ouled dlim, membres de la tribu guich loudaya, n’en sont pas à leur première lutte, et pour cause, la tribu guich loudaya est une ancienne tribu guerrière. C’est d’ailleurs en récompense de leurs loyaux services, qu’en 1838, le sultanat leur avait octroyé ces 400 hectares de terres. Reconvertis en paysans, la tribu guich loudaya vivait de l’agriculture paysanne. Mais depuis l’arrivée du Protectorat français ces terres ont été menacées par la convoitise des promoteurs immobiliers. Placées sous tutelle du Ministère de l’Intérieur, elles n’ont eu de cesse d’être accaparées et livrées aux besoins de l’urbanisation. C’est ainsi qu’au fil des années, cet espace, qui aurait pu propulser Rabat en modèle de ville écologique, a été entièrement bétonné.

 

Sans qu’aucune solution ne leur soit offerte, le 18 décembre 2015, les habitants sont expulsés de leur terre manu militari par les forces de l’ordre. Mis dehors, les habitants expulsés du douar ouled dlim maintiennent un campement en pleine rue pour revendiquer leur droit à un relogement. « Pour nos terres, nous sommes prêts à mourir » lance une femme avec son enfant sur le dos, « même s’ils nous jettent à la mer, nous reviendrons » poursuit-elle. Laissés à l’abandon, les habitants expulsés du douar ouled dlim refusent de quitter leurs terres. « Nous ne lâcherons rien » répètent-ils tous à tour de rôle. De manifestations, en occupations, les habitants dudouar ouled dlim ne cessent de maintenir la lutte pour faire survivre, malgré le silence, la mémoire de la grande tribu que fut guich loudaya, car au fond tous se demandent « wach hna maghrba – sommes nous encore des citoyens ? ».

 

 

Fiche technique : (Voir affiche officielle en pièce jointe)

 

Durée : 70’

Réalisatrice : Soraya EL KAHLAOUI

Production : Intissar JBIHA

Montage : Laurent FONTAINE-CZAKES & Sabrina HAKIM

Illustrations : Sadri KHIARI

Photographies : Rodrigo AVELLANEDA

 

 

TRAILER

 
 
Soraya EL KAHLAOUI : Actuellement doctorante en sociologie à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales à Paris, sa recherche doctorale vise à analyser les formes de réappropriation de l’espace public dans le cadre du processus de démocratisation engendré au Maroc depuis 2011. Plus particulièrement, sa recherche consiste à poser un cadre d’analyse politique aux pratiques de conquêtes de l’espace ou de résistances menées par des habitants en situation de lutte pour le droit à l’espace. Parallèlement à sa recherche, Soraya milite sur les questions de droit à l’espace (droit aux ressources, droit à la terre, droit au logement). C’est dans le cadre de ses actions militantes qu’elle a été amenée à rencontrer les habitants expulsés des terres de Guich L’Oudaya, situées à Rabat. Son documentaire vient ainsi mettre en forme et finaliser plus d’un an et demi de suivi et d’analyse des actions de résistances menées par ces habitants expulsés.
 
 
Cordialement
Habib Ayeb
François Ireton
 
 
 

 

Habib Ayeb
Géographe
Université Paris 8 - France
Université Paris 10 - laboratoire Mosaïques, UMR LAVUE (ex-GECKO) - France
 

Blog (Demmer) : https://habibayeb.wordpress.com

Site Internet Réseau Thimar : http://www.athimar.org

 

Modalités d’évaluation

Présence et participation au séminaire

 

En savoir plus : 

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